Les salles obscures de mon adolescence...

Depuis ma plus tendre enfance je passe du temps au cœur de leurs couloirs un peu sombre.

Du sol au plafond, ils sont entièrement recouverts de moquette. Elle est tendre, douce et épaisse.

Sa couleur foncée est un mélange de rose et de rouge. Elle est feutrée et très chaleureuse. On s’y sent à l’abri, protégé de tout et calfeutré comme dans un cocon, douillet et accueillant.

Son agencement nous offre la sensation d'être au cœur d'un labyrinthe. Derrière les nombreuses portes à battants, chacune des salles a plus ou moins son propre thème. La décoration n’est jamais tout à fait la même, ce qui nous permet d’être dans l’ambiance avant même le début de la séance.

A la fin des années 80, le cinéma de mon père était ma salle de jeux d'enfant unique.

 

Jusqu’à l'adolescence, seules les deux salles réservées aux enfants avaient de l’intérêt à mes yeux.

Un jour tout a changé, je ne peux pas réellement expliquer pourquoi. Mon regard sur la vie, sur les gens, s’est transformé et modifié. Les garçons ont commencé à trouver grâce à mes yeux.

J’étais comme attirée, j’avais le désir de leurs plaire, l'envie qu’ils me regardent et me sourient…

Une sorte de jeu de séduction s’est tout lentement instauré entre les hommes et moi.

Je m’en délectais avec malice.

 

Une fois les tickets vendus au guichet, mon père faisait le tour des salles. Moi j’allais de plus en plus souvent voir des comédies romantiques. Je me faufilais discrètement dans les salles au début de la séance, passant ainsi inaperçue. Les histoires d’amour se sont mises à me fasciner et plus rien d’autre ne me plaisait. Les scènes d’amour avaient sur moi un drôle d’effet. Je me sentais cotonneuse et vaporeuse, ce qui n’était pas si désagréable.

 

Cette sensation emplissait mon bas ventre et mon esprit n’était plus très clair.

Des frissons m’envahissaient à chaque fois que je serrais le haut de mes cuisses l’une contre l’autre. Régulièrement ma petite culotte était toute mouillée à la fin de la projection. 

Je me sentais un peu honteuse de faire ainsi « pipi» dans mes dessous de coton à mon âge, mais c’était si bon…

Je rêvais alors en toute innocence au prince charmant, mon imaginaire me faisait vivre de jolies petites histoires d'amour. Toutes plus romantiques les unes que les autres, je me laissais bien volontiers transporter par mes petits fantasmes d'adolescente fleur bleue.  

Quelques années plus tard, un vendredi après-midi pour être exacte, j’ai croisé un regard qui m’a éblouie et fascinée. Des yeux verts magnifiques appartenant à un charmant jeune homme. Mon instinct m'a poussé à le suivre dans les couloirs sans même prêter attention à la salle vers laquelle il se dirigeait d’un pas assuré.

J’ai attendu toute frémissante que la porte se referme derrière lui puis j’ai patienté encore un instant avant d’entrer à mon tour. Je me suis dirigée vers le fond et j’ai très lentement gravi  l’escalier. Mon cœur battait la chamade, les émotions se bousculaient dans mon esprit troublé. La salle était dans une semi pénombre assez inhabituelle mais je n’y ai pas prêté attention non plus.

Je me suis installée au tout dernier rang, bien au milieu de la rangée.

 

Le film était déjà sur le point de débuter et les lumières se sont alors totalement éteintes. Les sièges m’ont semblé bien plus larges et confortables que dans les autres salles. Malgré cette pénombre quasi totale j’ai tout de même réussi à apercevoir le jeune homme au charmant regard vert. Il était juste là un rang devant moi mais en décalage de deux ou trois sièges, sur ma gauche. M'offrant ainsi tous loisirs de l’observer sans être remarquée.

 

Dès le début de la projection j’ai réalisé que ce n’était pas un film ordinaire mais érotique, je n’en avais encore jamais vu, seulement entendu parler.

Les actrices étaient deux femmes qui avaient l’air de très bien s’entendre…

Un jeu de séduction se déroulait déjà entre elles sous mes yeux ébahis.

Tout a ensuite été très vite et la mise en situation presque immédiate. Elles étaient déjà sensuellement, très lascivement en train de se caresser et de s’embrasser.

Mes sens à moi s’affolaient sans même que je ne comprenne pourquoi.

Un homme les a rejoints, se mêlant à elles, les caressant et les embrassant tour à tour.

Elles faisaient de même, lui rendant ses baisers sur tout son corps déjà nu sans que je n’aie eu le temps de voir comment…

La scène était si douce et si sensuelle, j’en étais toute émue et très troublée également.

Et voilà que mon ventre se creuse, mes cuisses se serrent l’une contre l’autre…

J’ai chaud tout à coup et la tête me tourne un peu. Mes pensées s’envolent vers ce garçon qui est si près de moi.

Sa main gauche est glissée dans son pantalon, il se caresse et cela me semble tout naturel. Je peux voir son sexe, sa main effectue de doux va-et-vient sur lui, tout lentement.

La mienne se faufile alors sous ma jupe, elle effleure mon genou avant de remonter le long de ma cuisse. Je suis toute palpitante sous mes premiers émois…

Mes doigts se font un chemin sous mon tanga de coton rose tout humide.

 

Le garçon que j’observe toujours se retourne, ai-je gémi?

Il n’en perd alors plus une miette. Il m’observe tout en continuant lui aussi à se caresser. Il a les yeux rivés sur mes cuisses écartées, ouvertes. Je suis presque offerte et mon sexe l’est tout autant.

Il relève un peu la tête et plonge son regard vert dans le mien en me souriant. Sourire que je lui rends et sans que je n’aie le temps de réagir le voilà déjà qui se lève. Il rejoint le couloir, remonte l’allée d’un rang pour venir s’installer dans le fauteuil juste à ma droite.

Sa main gauche se place tout timidement sur l’accoudoir qui nous sépare l’un de l’autre, puis vient lentement rejoindre mes cuisses.

De l’autre il caresse à nouveau son sexe toujours raide, je le découvre de plus près,  c’est une première pour moi.

Je ne sais pas si c’est raisonnable mais je n’ai en aucun cas l'envie de le repousser, bien au contraire j’aime ce qu’il me fait. Je ne pense plus à mon père qui pourrait bien passer faire un tour dans la salle pour voir si la séance se déroule bien. Non, je n’y pense même pas.

Je me laisse aller dans ce siège très confortable, je ne vois plus le film et je ne l’entends plus, lui non plus me semble-t-il...Je m'abandonne tendrement à ses caresses.

Ses doigts se font moins timides et commencent tout délicatement à explorer mon intimité.

Je sens ma respiration qui se modifie, s’accélère et se fait irrégulière. Nous n’avons toujours pas échangé un seul mot. Il abandonne son membre, se tourne un peu vers moi et vient me caresser le visage. Sa caresse descend ensuite le long de mon cou, puis s’attarde sur mes seins que je sens durcir.

Il se rapproche de moi, ses lèvres viennent goûter les miennes, son baiser est doux comme du velours. Il m’offre à nouveau un regard et un sourire puis vient me glisser à l’oreille son prénom, Emmanuel. Puis il laisse ses doigts s’égarer pour la seconde fois au cœur de mon sexe palpitant, je me sens si bien, mon ventre palpite de plaisir. Il me caresse ainsi durant toute la séance sans que je n’ose ne serait ce que l'effleurer...

Cet après-midi-là j’ai découvert les prémices du plaisir, le samedi suivant nos caresses furent bien plus audacieuses puis chaque samedi fut un peu plus torride entre nous.

 

C'est ainsi que débuta notre si belle histoire d’amour ♥

Julie Timorées, textes déposés, tous droits réservés.

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Commentaires: 11
  • #1

    Valèrie (samedi, 11 février 2012 21:17)

    merci Julie joli récit

  • #2

    David Space (dimanche, 12 février 2012 18:06)

    Bonsoir et bonne fin de dimanche...
    Un peu de chaleur par le temps qu'il fait, cela met du baume... ;-)

  • #3

    Arlequin (lundi, 20 février 2012 23:14)

    Bonsoir,

    Je passe souvent sur des blogs de récits et m'arrête moins souvent. Celui-ci, j'y ai passé un bon moment, aussi bien en terme de temps qu'en terme de plaisir, et je me dois de laisser ce petit mot pour te féliciter. Au plaisir de te lire :-)

  • #4

    Sébounet (vendredi, 23 mars 2012 14:49)

    Belle description du confort des lieux, qui nous plonge d'emblée dans l'action et dans l'ambiance. Hmmm, très bien!
    A bientôt.

  • #5

    Julie Timorées (samedi, 26 mai 2012 16:09)

    @ Valérie, merci à toi ma chère...
    @ David Space, ravie de vous réchauffer un peu :)
    @ Arlequin, vos mots sont un plaisir, avoir su retenir votre attention est un bien joli compliment pour moi :)
    @ Sébounet, et bien mon cher ami je suis heureuse du plongeon que tu as fait! ;)

    Merci à tous!

    Julie, ravie :))

  • #6

    David D (mardi, 30 octobre 2012 18:53)

    Hum ! La lecture de ce texte...
    Que c'est bon ! Que c'est doux et frais ! J'ai adoré.

    C'est terriblement sensuel, le passage de l'enfance à l'adulte, l'innocente découverte de la sexualité, tout en douceur, tout en candeur dans un lieu qui ne l'est pas.....renversant, chavirant.....merci.

    Cependant, juste une question (sûrement idiote, d'ailleurs !) Est-ce une histoire vraie de votre enfance ?

  • #7

    Julie Timorées (vendredi, 09 novembre 2012 16:48)

    Bonjour David,

    Soyez le bienvenu ici!
    Je suis ravie de votre joli commentaire, merci beaucoup, vous avez bien comprit le "message" que je désire faire passer au travers de ces quelques mots...

    Quant à vous dire si cette histoire est réelle ou bien tout droit sortie de mon imaginaire...je préfère laisser libre cours au vôtre ;)

    Julie, ravie :)

  • #8

    desalmand le chouchoooooooooou des fillllles (jeudi, 07 février 2013 18:57)

    je meurt de votre sublime corps ta du gout toi tu me kif a travers tes ecrits

  • #9

    Jérôme (jeudi, 14 mars 2013 17:37)

    Je suis bouleversé par cet récit sur le pouvoir de l'imaginaire, je ne me demande même pas si ces histoires sont vécues ou non, le temps de ces moments d'évasion, dans mon esprit elles ne peuvent être que vraies ou inspirés de faits réels. Le rêve est souvent plus captivant que la réalité, mais en te lisant j'ose espérer que parfois le rêve rejoins la réalité. Je pourrais faire des récits, avec moins de talent bien sûr sur mes pensées en parcourant ton site, je t'embrasse et merci de nous faire partager ceci.

  • #10

    Julie Timorées (mardi, 28 mai 2013 19:08)

    Bonsoir Jérôme,

    Si ce récit t'a bouleversé alors je prends cela comme un magnifique compliment, merci...

    Comme je le disais un peu plus haut à David, je ne dirai mot quant à la véracité de cette histoire, je préfère laisser libre court à tes pensées

    De rien pour le partage, c'est un plaisir pour moi aussi tu sais :)

  • #11

    Zao (lundi, 22 mai 2017 22:17)

    C'est un pur chef doevre de la littérature sexuelle ;) Tout mon respect pour ce texte qui met dans l'ambiance :D ! Bonne continuations ;D

Le préservatif est rarement présent dans mes récits mais il est très important de toujours vous protéger!

TOUJOURS !